Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 11:13

Les aventures du Franc

 

Juché sur un écu, que soutenaient ses hommes,

C’était aux environs des années quatre cents,

Le Franc prit le relai de Rome.

Il devint tout puissant

Quand Charlemagne alors, en unissant l’Europe

En fit son biotope.

 

Nos monarques, plus tard, mirent leurs effigies

Sur les écus d’argent et sur les louis d’or,

Et les napoléons, que nous prisons encor,

Et que la bourse inclut dans sa théologie.

 

 

Notre Révolution changea l’or en papier,

Que la planche à billet n’en finit de copier.

Mais voilà, le papier, au gré du vent s’envole,

Vent d’ouest ou d’orient (qui sent fort le pétrole).

Le vent devient tempête ;

Le monde entier s’inquiète.

 

 

Tantôt c’est le dollar qui tombe en chute libre,

E le cocorico du coq gaulois qui vibre.

Et tantôt c’est le mark qui reprend ses prouesses,

Et la lire qui chute, et le franc qui s’affaisse.

Il faut mener les espèces

En laisse.

On va donc les nouer en serpent monétaire,

Et c’est un nœud de vipères,

Qui accouche pourtant, aux forceps des harangues

D’écus européens que lèchent douze langues.

On inflige au dollar une cure d’hormones ;

Déjà le billet vert fait figure d’icône.

Mais le dollar dolent endolorit le monde,

Pendant que les paumés font leur macabre ronde !

 

Marcel Pfister 1986

Par Jean Marie PFISTER - Publié dans : POÊMES
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