Mardi 21 décembre 2010 2 21 /12 /Déc /2010 11:11

Le monde est malade

 

Quand vous sentez parfois peser le poids des ans,

Quand le cœur vous trahit, que les nerfs vous lancinent,

Qu’à renfort de cachets vous gâchez votre sang,

Que vos crises de foie ou d’asthme vous burinent,

C’est le sigle du monde, et la griffe du temps.

Car le monde n’est pas mieux loti que nous-mêmes,

Notre globe connait de semblables problèmes.

 

Le mal de Parkinson secoue les continents,

Du Mexique à l’Asnam, d’Italie à l’Iran.

En d’autres points hélas ! se bouchent les artères,

Et des conflits locaux obstruent les coronaires :

Le pétrole est bloqué à Suez ou Ormuz,

Et c’est le monde entier qui risque l’infarctus.

 

Quand le sang pétrolier n’irrigue plus les membres,

On grelotte de froid de janvier à décembre,

Et les plus démunis peuvent crever de faim,

Les nantis n’iront pas leur partager le pain.

 

S’il naît une tumeur en un point de la terre,

Et qu’une opération s’avère nécessaire,

Les puissants empressés apportent leurs trocarts,

En l’occurrence, avions et missiles et chars.

Et le monde étonné essuie un œil humide ;

Et cette opération se nomme génocide.

 

On drogue le dollar à coups de taux d’escompte ;

Wall-Street congestionné s’enfièvre et se démonte,

Pendant que nos banquiers essaient l’acuponcture,

Pour pallier chez nous, l’austère conjoncture.

 

Le monde surmené voit ses forces décroître,

S’épuiser ses métaux, son sol, son énergie,

Et fluctuer cet or, dont il est idolâtre,

Et qui traduit sa foi et sa théologie.

 

Et puis les médecins de nos agricultures

Répandent la chimie de leurs médicaments,

Ces pesticides qui profanent la nature,

En empoisonnant l’eau, l’air et les aliments ;

Pendant que l’industrie éructe ses ordures,

Sans se faire souci de ses empestements.

 

Alors, pour stimuler le cœur qui se détraque,

Dans ce monde dément où tout est déréglé,

Le microprocesseur doit nous miraculer,

Et le robot créer l’ordre dans la baraque !

 

Hélas ! convenons-en, le monde est bien sénile.

L’impuissance au bonheur est à faire pitié !

La seule voie, pourtant, qui nous puisse être utile,

Est, avec le bon sens, celle de l’amitié !

 

Marcel Pfister 1987.

 

Par Jean Marie PFISTER - Publié dans : POÊMES
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Retour à l'accueil
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés