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Le bon vieux temps…
Quand le soir parfois je pense
A ce bien lointain printemps
De notre insouciante enfance…
Ah ! c’était le bon vieux temps !
On ignorait ces problèmes
Qui tracassent le présent
Faits d’incertitudes blêmes
Et d’avenir angoissant.
Sans baigner dans l’abondance
Et le confort opulent,
On avait l’intelligence
D’aimer notre bon vieux temps ;
Point de chauffage électrique,
De tubes fluorescents,
Ni meubles frigorifiques,
Ni postes hi-fi surpuissants.
On n’avait point de machines
Pour la vaisselle ou les draps,
Ni robots dans la cuisine,
Et l’on ne s’en plaignait pas !
Sans radio dans les oreilles,
Sans tous ses bruits énervants,
On se portait à merveille,
Et c’était le bon vieux temps.
Pensez à la bonne ambiance
De ces veillées d’autrefois,
Sans l’actuelle obédience
A la télé qui fait loi !
Dans les airs et sur les routes,
On ne se pressait pas tant,
Appréciant mieux sans doute
La valeur de chaque instant.
On nageait dans les rivières,
On y pêchait des poissons ;
L’air était pur et l’eau claire,
Et les bois pleins de chansons.
Alors point de pesticides
Sur les fruits et dans les champs,
Non plus que de pluies acides ;
Ça, c’était le bon vieux temps !
Voyez la jeunesse folle,
Qui, dans ses affublements
Veut incarner ses idoles
En leur sot comportement.
Autrefois les jeunes filles
S’habillaient élégamment,
Souriantes et gentilles.
Ah ! C’était le bon vieux temps !
Et pourtant, ce temps qui passe,
Rien ne saurait l’arrêter.
A leur tour les jeunes classes
Deviendront des retraités ;
Et pleins d’idées surannées,
Parleront de leur printemps
D’il y a cinquante années,
Parleront du bon vieux temps !
Aurions-nous si peu de mémoire,
Pour appeler « le bon vieux temps »
Tout ce siècle de notre histoire
Truffé de conflits persistants ?
Il est gravé dans nos natures
Que rien ne nous guérit autant
De nos journées d’épreuves dures,
Que quelques instants de bon temps.
Marcel Pfister 1988